Interruption médicale de grossesse (IMG) : comprendre cette procédure et ses enjeux

29 mai 2026 découvrez ce qu'est l'interruption médicale de grossesse (img), comprenez ses procédures, ses raisons médicales et les enjeux éthiques et légaux associés.

En bref

  • L’Interruption médicale de grossesse (IMG), parfois appelée avortement thérapeutique, peut être réalisée à tout terme lorsqu’un risque grave concerne la santé de la femme enceinte ou lorsqu’une affection fœtale est jugée particulièrement grave et incurable.
  • Dans les faits, on compte autour de 7 000 IMG par an en France, le plus souvent liées à une malformation fœtale ou à une maladie sévère détectée lors d’un diagnostic prénatal.
  • La démarche s’inscrit dans une procédure médicale encadrée par la loi, avec avis d’une équipe pluridisciplinaire (dont les CPDPN pour les situations fœtales).
  • Le droit à l’IMG existe, mais la décision appartient à la femme enceinte, y compris en cas de désaccord dans le couple.
  • L’IMG se vit souvent comme un accouchement provoqué, avec prise en charge de la douleur possible, et un accompagnement humain qui compte autant que la technique.
  • Un accompagnement psychologique peut être proposé à chaque étape, avant et après, pour traverser le choc, la sidération, puis le deuil.

Interruption médicale de grossesse (IMG) : comprendre ce que recouvre réellement ce terme

Il y a des rendez-vous de consultation prénatale qui laissent un avant et un après. Le corps est là, la grossesse est là, et pourtant quelque chose se fissure au moment où un examen sort du cadre attendu. L’IMG arrive rarement dans une trajectoire “prévue”. Elle s’inscrit dans une réalité médicale, mais aussi dans un vécu très concret de parents qui avaient déjà commencé à se projeter.

Le terme Interruption médicale de grossesse désigne une interruption de grossesse motivée par une raison médicale. En France, elle peut être réalisée à tout moment de la grossesse. La loi distingue deux grandes situations. La première concerne un grave danger pour la santé de la femme enceinte. La seconde concerne un fœtus atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

Parler d’avortement thérapeutique peut heurter, parce que le mot “avortement” renvoie à des représentations très chargées. Sur le plan strictement médical, l’expression souligne que l’indication est liée à la santé, pas à un projet de vie ou à un contexte socio-économique. Sur le plan humain, la nuance ne suffit pas à alléger la violence du moment. Les mots restent des outils imparfaits pour dire l’inimaginable.

La distinction avec l’IVG est nette. L’IVG concerne une grossesse que la femme ne souhaite pas poursuivre pour des raisons non médicales et elle est encadrée par un délai légal. L’IMG, elle, n’est pas limitée par un terme, car elle répond à une situation de santé qui peut émerger tardivement, notamment lors d’un diagnostic prénatal plus poussé ou après l’évolution d’une pathologie maternelle.

Les chiffres donnent un repère sans réduire les histoires. En France, on évoque depuis plusieurs années un ordre de grandeur d’environ 7 000 IMG par an. Dans 80 à 90 % des situations, l’indication est liée à une atteinte fœtale. Cela recouvre des réalités différentes. Une malformation fœtale visible à l’échographie n’a pas la même signification selon qu’elle est isolée ou associée à d’autres signes. Une anomalie génétique peut annoncer une sévérité variable. Une infection materno-fœtale peut avoir des conséquences incertaines. Le temps médical cherche de la clarté, mais la vie réelle demande souvent de composer avec des probabilités.

Un point protège les parents d’une confusion fréquente. L’échographie n’est pas un “spectacle” où l’on vient seulement voir un visage. C’est un examen pour savoir, mesurer, comparer à des courbes, évaluer une anatomie et une croissance. Quand une anomalie est repérée, l’étape suivante n’est pas une décision immédiate. C’est une séquence d’examens, de confirmations, de discussions, souvent dans un délai qui semble à la fois trop rapide et interminable.

La dimension d’éthique médicale est déjà là, dès la définition. Il s’agit de prendre une décision juste dans un contexte où aucune option n’a quelque chose de “simple”. Le soin consiste autant à informer qu’à protéger, autant à expliquer qu’à contenir. La suite logique, après les mots, c’est le cadre légal et le parcours de décision.

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Droit à l’IMG en France : cadre légal, attestations et rôle des équipes pluridisciplinaires

Le droit à l’IMG repose sur un principe clair. Une grossesse peut être interrompue pour raison médicale à tout terme si les critères légaux sont remplis. Ce principe protège les femmes contre l’arbitraire, mais il impose aussi une procédure médicale encadrée. Cette procédure n’a pas pour but de compliquer. Elle vise à garantir que la décision repose sur des éléments solides et sur une délibération collégiale.

Quand le motif concerne la santé de la femme enceinte, la demande est examinée par une équipe pluridisciplinaire comprenant au minimum plusieurs profils. Un médecin qualifié en gynécologie-obstétrique fait partie du dispositif. Un médecin choisi par la femme enceinte est inclus, ce qui permet une parole médicale de confiance, pas seulement institutionnelle. Un psychologue ou un assistant social, tenu au secret professionnel, est présent pour soutenir la compréhension de la situation et l’impact social ou psychique. D’autres spécialistes s’ajoutent selon la pathologie maternelle en jeu.

Quand l’indication concerne le fœtus, l’organisation passe généralement par un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, un CPDPN. Le CPDPN n’est pas une “instance qui décide à la place”. C’est un espace où plusieurs compétences se rencontrent pour évaluer la sévérité, l’incurabilité au moment du diagnostic, et la cohérence des informations. On y retrouve typiquement un gynécologue-obstétricien, un spécialiste de médecine fœtale ou d’échographie, un néonatologiste et un généticien, avec d’autres experts selon le dossier.

Le chemin concret ressemble souvent à ceci. Une échographie repère un signe atypique. Une exploration est programmée, parfois avec une échographie de référence, une IRM fœtale, un prélèvement (amniocentèse, biopsie de trophoblaste) ou des bilans maternels. Un dossier se construit. Les parents rencontrent des spécialistes capables d’expliquer le quotidien attendu. Un chirurgien pédiatrique peut décrire les gestes possibles après naissance, un neuropédiatre peut parler de pronostic neurologique, un généticien peut clarifier la portée d’un résultat.

La loi place un repère qui mérite d’être dit sans détour. La décision finale d’interrompre appartient à la femme enceinte. Dans la majorité des couples, la décision se pense à deux, se porte à deux, puis se traverse à deux. En cas de désaccord, la loi protège l’autonomie de la femme. Ce cadre évite qu’une grossesse devienne un terrain de pression ou de contrainte.

Il arrive que l’avis rendu soit défavorable. C’est rare, mais possible. Dans ce cas, le recours à un autre CPDPN ou à une autre équipe est une option, surtout si la compréhension médicale est contestée ou si des éléments ont évolué. Ce n’est pas un “shopping d’avis”. C’est la reconnaissance qu’un diagnostic prénatal peut comporter une part d’interprétation, et que la collégialité doit aussi accepter le débat.

Cette étape légale et collégiale pose un socle. Ensuite, beaucoup de parents veulent savoir comment cela se déroule concrètement, dans le corps, dans la chambre d’hôpital, dans le rythme des heures. Le cadre protège. Le vécu se joue dans la pratique.

Pour un éclairage institutionnel sur les démarches et les repères juridiques, la lecture de la fiche Service-Public sur l’IMG peut aider à se repérer dans les termes et les étapes.

Procédure médicale de l’IMG : déroulement, douleur, et réalité d’un accouchement provoqué

L’IMG n’est pas une “simple intervention” au sens où l’imaginent parfois ceux qui n’y ont jamais été confrontés. Dans beaucoup de situations, c’est un accouchement provoqué, avec une temporalité qui ressemble à celle d’un travail, mais dont le sens est radicalement différent. L’équipe soignante cherche à rendre chaque étape compréhensible, parce que l’imprévu, lui, fatigue déjà énormément.

Le déroulement dépend de l’âge gestationnel, de l’état de santé de la femme, du contexte obstétrical et du motif. Une séquence fréquente commence par l’administration de médicaments visant à interrompre la grossesse. Ensuite, un déclenchement est réalisé avec des hormones qui entraînent des contractions, l’ouverture du col et l’expulsion. Le terme “expulsion” est médical, mais il ne dit pas l’intensité corporelle du processus. Les contractions sont de vraies contractions, avec une douleur parfois comparable à celle d’un accouchement.

La prise en charge de la douleur n’est pas un détail. Une analgésie par péridurale peut être proposée, selon la situation et le souhait de la femme. Certaines préfèrent éviter la péridurale pour rester actrices de leurs sensations, d’autres la choisissent pour traverser la journée sans s’effondrer. Il n’y a pas de “bonne” option universelle. Il y a une décision adaptée à un corps, à un vécu, à un besoin de contrôle ou de protection.

Au-delà d’un certain terme, les pratiques incluent souvent un geste visant à éviter que le fœtus ne naisse vivant. En France, passé un seuil classiquement situé autour de 22 semaines d’aménorrhée, une injection fœticide peut être réalisée in utero, par un médecin formé, via le cordon ombilical. Ce geste est parfois difficile à entendre. Il répond pourtant à une logique médicale et éthique, celle d’éviter une agonie néonatale et de réduire la souffrance potentielle. C’est une zone où l’éthique médicale n’est pas un concept abstrait. Elle se traduit en actes très concrets.

L’environnement joue aussi. L’IMG se déroule dans un établissement de santé, public ou privé, avec un plateau technique adapté. L’intimité est une demande fréquente. Les équipes peuvent proposer une chambre à l’écart des suites de couches “classiques” quand c’est possible, pour limiter l’exposition aux pleurs de nouveau-nés et aux visites heureuses dans le couloir. Ce point n’efface rien, mais il protège.

Les parents demandent souvent s’il sera possible de voir le bébé, de le porter, de le nommer, de garder une trace. Les réponses varient selon les équipes, le terme, et le souhait des parents. Beaucoup d’hôpitaux proposent des empreintes, une photographie, un bracelet, parfois une couverture. Certaines familles veulent tout. D’autres ne veulent rien. Une hésitation peut exister, et c’est fréquent. Quand l’équipe prend le temps d’expliquer sans pousser, le choix devient plus libre.

Un repère administratif existe aussi. Après 22 semaines d’aménorrhée ou si le poids dépasse 500 g, une déclaration à l’état civil est obligatoire, suivie d’une inhumation ou d’une crémation. Les démarches se font avec la commune. Avant ces seuils, certaines communes acceptent malgré tout des formes de reconnaissance symbolique selon les situations, mais cela dépend des cadres locaux.

Le corps, lui, continue. Les suites physiques ressemblent à un post-partum. Saignements, montée de lait possible, fatigue, douleurs pelviennes, bouleversements hormonaux. L’équipe peut proposer un traitement pour inhiber la lactation si nécessaire. Un suivi médical est planifié. Le prochain enjeu, souvent immédiat, concerne l’après, la récupération et les droits sociaux.

Une vidéo de repères généraux sur l’accompagnement du deuil périnatal et les ressources existantes peut soutenir la compréhension, à condition de la regarder au rythme qui convient.

Après une IMG : corps, deuil, accompagnement psychologique et droits sociaux concrets

Après une IMG, l’entourage pense parfois que “tout est fini” parce que l’acte médical est terminé. Le vécu dit autre chose. Il y a un post-partum, même sans bébé à ramener. Il y a une trace hormonale, une trace corporelle, une trace psychique. Le cerveau n’efface pas une grossesse parce qu’un dossier a été clos.

Sur le plan physique, les suites nécessitent une surveillance simple et concrète. Des saignements sont attendus, généralement comparables à des règles abondantes au début, puis décroissants. Des douleurs de type crampes peuvent persister quelques jours. La fièvre, des douleurs pelviennes qui augmentent au lieu de diminuer, des pertes malodorantes ou des saignements qui saturent plusieurs protections par heure doivent conduire à contacter rapidement la maternité ou un médecin. Ce sont des signes observables, qui ne visent pas à inquiéter mais à prévenir une complication infectieuse ou hémorragique.

La montée de lait est un point souvent vécu comme une injustice du corps. Elle peut survenir dans les jours qui suivent, surtout après un terme avancé. Les équipes proposent parfois des mesures médicamenteuses et des conseils pratiques. Porter un soutien-gorge adapté, éviter de stimuler les seins, appliquer du froid en cas de tension peuvent aider. Là encore, ce n’est pas une question de “volonté”. C’est une physiologie hormonale.

Le accompagnement psychologique n’est pas une option de luxe. C’est un soin. Il peut être proposé systématiquement par la maternité, et il peut aussi être poursuivi en ville. Le choc initial laisse souvent place à une période de rumination, puis à un deuil qui n’est pas linéaire. Les dates d’échographie, la date prévue d’accouchement, les annonces de grossesse dans l’entourage peuvent réactiver la douleur. Un suivi soutient le couple, mais aussi la femme seule, et parfois le co-parent, souvent relégué au rôle de “pilier” alors qu’il est lui aussi atteint.

Des ressources existent pour mettre des mots sur ce qui se traverse et sortir de l’isolement sans tomber dans le bruit des témoignages contradictoires. Un contenu centré sur le soutien émotionnel après IMG peut être consulté ici, au rythme qui convient à chacun importance du soutien émotionnel après une IMG.

Les droits sociaux sont concrets, et ils comptent parce qu’ils donnent une marge de respiration. Si l’IMG a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, un arrêt de travail peut être prescrit par le médecin. Au-delà, le congé maternité est ouvert, et le congé paternité peut aussi être mobilisé. Selon les situations professionnelles, ces droits permettent de ne pas retourner au travail alors que le corps et la tête sont encore en plein tumulte.

La question d’une nouvelle grossesse arrive parfois très vite dans les pensées. Biologiquement, une ovulation peut revenir rapidement. Psychiquement, la temporalité est autre. Il arrive que le désir de “réparer” soit présent, ou au contraire une peur intense de revivre le même scénario. La reprise d’un projet de grossesse mérite une discussion avec l’équipe, surtout si la cause de l’IMG implique un risque de récidive, une exploration génétique, ou un traitement à ajuster. Les consultations post-IMG servent aussi à cela, à remettre du contrôle là où tout a échappé.

Situation après IMG Repère concret Professionnel à contacter
Douleurs et saignements dans les jours suivants Saignements qui diminuent progressivement et douleurs qui s’atténuent attendus; fièvre ou douleurs croissantes à surveiller Sage-femme, maternité, médecin traitant
Montée de lait ou tension mammaire Peut survenir surtout après un terme avancé; options médicamenteuses et mesures de confort possibles Sage-femme, gynécologue, médecin
Retentissement psychique Intrusions, insomnie, culpabilité, anxiété peuvent apparaître; un suivi aide à traverser la durée Psychologue, psychiatre, équipe de maternité
Démarches administratives Après 22 SA ou si poids > 500 g, déclaration et obsèques obligatoires Mairie, service social hospitalier
Projet de nouvelle grossesse Possible biologiquement rapidement; timing à adapter à l’état émotionnel et au bilan médical Gynécologue-obstétricien, généticien si nécessaire

La suite naturelle, quand l’après commence à se structurer, consiste souvent à revisiter le “pourquoi” médical. Non pour s’infliger des détails, mais pour retrouver une cohérence et préparer la sécurité d’un futur projet si un jour il revient.

Diagnostic prénatal et malformation fœtale : comprendre les examens et l’incertitude sans s’y perdre

Le diagnostic prénatal n’est pas un bloc homogène. Il regroupe des examens de dépistage et des examens diagnostiques. Les deux ne donnent pas la même nature d’information, et confondre les niveaux peut augmenter l’angoisse. Un dépistage alerte sur un risque. Un diagnostic confirme ou infirme, avec un degré de précision variable selon l’affection.

À l’échographie, certains marqueurs sont des signaux d’appel. Une nuque mesurée plus épaisse que prévu au premier trimestre, une anomalie cardiaque suspectée au deuxième trimestre, une croissance qui décroche des courbes, un organe qui semble absent ou mal formé. Une malformation fœtale peut être évidente ou subtile. Elle peut être isolée ou faire partie d’un ensemble. La suite logique est une échographie de référence, parfois réalisée par un spécialiste en médecine fœtale, avec des mesures répétées et une recherche systématique d’autres signes.

Les examens complémentaires sont choisis en fonction de la question. Une IRM fœtale peut préciser certaines anomalies cérébrales ou abdominales. Une amniocentèse permet d’analyser le caryotype ou des anomalies chromosomiques plus fines, selon les techniques disponibles. Des analyses génétiques plus poussées, quand elles sont indiquées, peuvent clarifier une suspicion de syndrome. Le point délicat est que la génétique peut aussi ouvrir des zones grises. Certaines variations sont de signification incertaine. L’équipe explique alors ce que la science sait, ce qu’elle ne sait pas encore, et ce que cela peut impliquer au quotidien.

Une confusion revient souvent. Un résultat “anormal” ne dit pas toujours la sévérité. Inversement, une échographie “presque normale” n’exclut pas certaines atteintes fonctionnelles qui ne se voient pas in utero. Cette incertitude est dure à porter, parce qu’elle laisse les parents décider dans un brouillard partiel. Les CPDPN existent aussi pour cela. Mettre en commun les données, confronter les hypothèses, éviter qu’un seul examen dicte tout le reste.

Dans cette zone, l’éthique médicale prend une forme très concrète. Il s’agit de parler de qualité de vie, de pronostic, d’incurabilité “au moment du diagnostic”. Ce dernier point est souvent mal compris. Il ne veut pas dire qu’aucune recherche n’existera jamais, ni qu’aucun soin ne sera possible. Il signifie qu’ici et maintenant, avec les moyens disponibles, l’affection est considérée comme non curable et d’une gravité particulière. Les parents ont besoin d’entendre cela dans une langue claire, sans jargon, avec des exemples de ce que cela change dans une vie réelle.

Un repère aide à ne pas se sentir happé par des heures de recherche en ligne. Les questions utiles à poser en consultation sont celles qui transforment un diagnostic en scénario concret. Quel est le pronostic vital et fonctionnel ? Quelles douleurs possibles ? Quel parcours de soins à la naissance et dans la petite enfance ? Quelle autonomie possible à long terme ? Quelles alternatives de prise en charge, y compris palliative ? Une réponse honnête n’est pas toujours une réponse certaine. Elle donne cependant une boussole.

Une liste courte, mais développée, peut aider à préparer une rencontre avec une équipe de diagnostic prénatal, surtout quand la fatigue et l’émotion font perdre le fil.

  • Demander la nature exacte du résultat en distinguant dépistage et diagnostic, puis vérifier si un second avis d’imagerie est pertinent.
  • Faire préciser le pronostic en termes de vie quotidienne avec des exemples de parcours de soins, d’hospitalisations possibles, et de besoins d’accompagnement.
  • Clarifier ce qui relève de la certitude et ce qui relève de la probabilité, avec les fourchettes quand elles existent, pour ne pas surinterpréter une phrase.
  • Identifier les ressources de soutien proposées par l’hôpital, dont l’accompagnement psychologique, et les associations spécialisées quand elles sont adaptées au vécu des parents.

Cette préparation n’enlève pas la douleur, mais elle rend les rendez-vous plus lisibles. L’étape suivante, souvent, consiste à articuler la décision intime avec le cadre collectif. C’est là que la question du choix, du consentement et de la place du couple se pose avec le plus d’intensité.

Décision, couple et éthique médicale : traverser l’IMG sans se perdre dans la culpabilité

La décision d’une IMG est rarement un “oui” ou “non” posé sur une table. C’est un mouvement. Il y a d’abord la sidération, puis la recherche d’informations, puis la confrontation à des scénarios. Certains jours, l’idée d’interrompre semble impossible. D’autres jours, l’idée de poursuivre semble insoutenable. Cette oscillation n’est pas un manque de maturité. C’est une réponse psychique à un événement qui dépasse les repères habituels.

Le cadre rappelle une chose structurante. Le consentement est celui de la femme enceinte. Cette phrase protège, mais elle peut aussi isoler, parce que la femme peut se sentir “celle qui décide” alors qu’elle aurait voulu être portée par une décision partagée. Le travail des équipes consiste souvent à retisser du collectif autour d’elle, sans lui retirer son autonomie. Les entretiens avec psychologue ou assistant social peuvent aider à remettre en mots les différences de rythme entre partenaires, et les manières différentes de faire face.

L’éthique médicale est parfois perçue comme une “morale”. Dans le soin, elle est plutôt une méthode pour éviter les violences inutiles. Elle cherche l’équilibre entre plusieurs principes. Ne pas nuire. Respecter l’autonomie. Proposer une information loyale. Rendre la décision possible sans pression. Quand une équipe laisse du temps de réflexion, ce n’est pas une froideur. C’est une manière de ne pas enfermer une famille dans l’urgence psychique.

Certains parents ont besoin de rencontrer des spécialistes de la pathologie avant de décider. Rencontrer un chirurgien, un neuropédiatre, un néonatologiste permet de sortir des mots abstraits. Cela peut ouvrir une possibilité de poursuite de la grossesse quand un traitement existe. Cela peut aussi confirmer qu’une poursuite mènerait à une accumulation de soins invasifs sans perspective acceptable. Cette étape est un droit implicite, celui de comprendre avant d’agir.

Les proches veulent souvent “réconforter” et tombent dans des phrases qui blessent. “Vous êtes jeunes, vous en ferez un autre.” “Au moins vous savez que vous pouvez tomber enceinte.” Ces phrases cherchent à réduire la douleur en la remplaçant par un futur. Or, le psychisme a besoin de reconnaître la perte présente. Dans l’entourage, une aide concrète passe plutôt par des gestes simples. Proposer un repas déposé à la porte. Garder l’aîné pour un rendez-vous. Envoyer un message court qui n’exige pas de réponse. Ce soutien discret protège la fatigue décisionnelle.

Il existe aussi un risque particulier. La culpabilité de “ne pas avoir vu”, “ne pas avoir empêché”, “d’avoir choisi”. Cette culpabilité est souvent une tentative du cerveau de reprendre le contrôle. Si la faute est quelque part, alors le monde redevient prévisible. Le soin psychologique consiste à redonner une lecture plus juste. Une anomalie chromosomique n’est pas causée par un comportement. Une malformation ne découle pas d’une émotion. Une maladie grave n’est pas une punition.

Un encadré de repères peut aider à identifier quand la souffrance psychique déborde le deuil attendu et mérite un soutien plus rapproché. Il ne s’agit pas de pathologiser la tristesse. Il s’agit de ne pas laisser quelqu’un s’effondrer en silence.

Quand recontacter sans attendre un professionnel si l’un de ces signes apparaît ou persiste au-delà de deux semaines

  • Insomnie majeure quasi quotidienne, avec incapacité à récupérer, même en situation de repos.
  • Idées noires, sentiment de danger pour soi, ou impression d’être “déconnecté” de la réalité.
  • Anxiété envahissante avec crises répétées, sensations de panique ou reviviscences intrusives intenses.
  • Isolement complet, impossibilité de retourner à une activité minimale, ou consommation d’alcool/médicaments qui augmente pour “tenir”.

Dans ces situations, un médecin, une sage-femme, un psychologue ou un psychiatre peuvent orienter. L’objectif n’est pas de faire oublier. L’objectif est de rendre la vie à nouveau habitable, pendant que le deuil fait son travail.

Une IMG peut-elle être réalisée à n’importe quel terme ?

Oui, en France l’Interruption médicale de grossesse peut être réalisée à tout moment si les critères légaux sont remplis. L’indication repose soit sur un danger grave pour la santé de la femme enceinte, soit sur une affection fœtale d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic. L’équipe pluridisciplinaire formalise des attestations, puis l’accord de la femme enceinte reste indispensable.

Quelle différence entre IVG et avortement thérapeutique ?

L’IVG concerne une interruption volontaire de grossesse pour des raisons non médicales et elle est encadrée par un délai. L’avortement thérapeutique correspond à l’IMG, motivée par une raison médicale concernant la santé de la femme ou une pathologie fœtale grave. Le cadre juridique, l’évaluation collégiale et les parcours de soins ne sont pas les mêmes.

Comment se déroule concrètement la procédure médicale d’une IMG ?

Le plus souvent, la grossesse est interrompue par des médicaments, puis un déclenchement provoque des contractions et un accouchement. La douleur peut être prise en charge, y compris par péridurale selon la situation. Après un certain terme, un geste in utero peut être réalisé pour éviter une naissance avec signes de vie. Le déroulement exact varie selon le terme, l’état de santé et le protocole de l’établissement.

Après une IMG, quand envisager une nouvelle grossesse ?

Biologiquement, une ovulation peut revenir rapidement, mais le bon moment dépend surtout de l’état émotionnel, du deuil et du bilan médical. Une consultation post-IMG permet de comprendre la cause, d’évaluer un risque de récidive et d’organiser un suivi adapté pour une future grossesse, notamment si un diagnostic prénatal renforcé est recommandé.

À qui s’adresser pour un accompagnement psychologique après une IMG ?

La maternité propose souvent un accompagnement psychologique, parfois dès l’hospitalisation. Il est aussi possible de consulter en ville un psychologue ou un psychiatre, et de demander une orientation via la sage-femme, le médecin traitant ou le gynécologue. Une aide est particulièrement indiquée si l’insomnie, l’anxiété, les reviviscences ou l’isolement deviennent envahissants ou persistent au-delà des premières semaines.

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